Taroudant

RIAD ASMA

HISTOIRE DE TAROUDANT

Entre le Haut Atlas et l'Anti-Atlas, à 80 Km d'Agadir et la côte Atlantique; naquit le cœur palpitant de la plaine du Souss : TAROUDANT.


Fondée probablement entre le premier siècle avant J.C et le cinquième siècle de notre ère, elle représente le centre de rencontre des axes routiers reliant le Nord de l'Atlas au sud du Sahara. Malgré les conflits politiques et religieux, les épidémies et les rebellions, les incendies et les démolitions qu'elle a connus à travers son histoire ; Taroudant a pu garder son statut de capitale traditionnelle berbère du Souss ; constituant un grand pôle d'attraction de l'activité politique et commerciale de la région.


De son histoire mouvementée et assez floue, rejaillie l'ombre d'un patrimoine culturel architectural et humain très féconds. Elle connut donc le passage des romains qui l'avaient baptisée « VALA », des phéniciens, des carthaginois et des khalifes musulmans d'orient. Elle deviendra alors le plus important centre caravanier du nord de l'Afrique et gagnera en célébrité pour l'abondance et la qualité de ses marchandises : huile d'olives et d'argan, coton, riz, sucre, safran et miel.


En l'an 62 de l'Hégire (681 après J-C) Taroudant fut dominée par les troupes de la conquête Islamique dirigées par Okba Ibnou Nafia. Les conquérants dépouillèrent les berbères de leurs terres, de leurs femmes et de leurs esclaves ; les poussant à la rébellion. Ainsi, plusieurs dynasties se succédèrent sur le règne de Taroudant qui conserva sa domination des axes du commerce de l'or qui reliaient le Maroc à l'Afrique subsaharienne.


Elle connut à travers les siècles, les pouvoirs : Idrisside, Almoravide, Almohade, Mérinide, Wattasside ; puis prêta allégeance aux Saadiens qui prêchaient la guerre sainte contre les occupants portugais en 920 de l'Hégire.
Sous les Saadiens, Taroudant entama alors son âge d'or et connut la période la plus glorieuse de son histoire.

On la nomma AL Mohammedia et on en fit un centre commercial, universitaire et politique sans égal. Elle devint le point de transit des caravanes. Les commerçants musulmans, Anglais et Italiens apprécièrent ses ustensiles en cuivre, ses tissus en laine, ses articles de cuir et surtout son sucre raffiné que le palais Anglais achetait en abondance.


En 1012 de l'Hégire (1603), Taroudant fut frappée par une épidémie qui décima ses habitants, en fit une ville morte et abandonnée ; et mit fin au glorieux règne des Saadiens.

Entre 1685 et 1785, Taroudant connut des périodes de troubles, mais aussi de stabilité. Elle fut soumise par Moulay Rachid Al Alaoui en 1670. Les Alaouites y nommèrent des Khalifes et des Walis ; mais ces derniers, tentés par les ressources économiques et la situation stratégique de la ville, proclamèrent aussitôt leur indépendance vis-à-vis du pouvoir central et les conflits reprenaient. Sous le règne du sultan Moulay Ismaël, les rébellions furent matées et Taroudant connut une grande activité économique, intellectuelle et littéraire.

Après la mort de Moulay Ismaël, les pachas et les caïds qui représentaient le pouvoir central se livrèrent à des conflits sans fin. Ils bâtirent les richesses de Taroudant sur l'agriculture et l'artisanat. L'arrivée des troupes de l'armée française instaura l'autorité des officiers des affaires indigènes et malmena les Roudanais. Ce fut le déclin d'un bon vieux temps et l'affaiblissement de la cité.


Après l'indépendance, Taroudant participe activement à la renaissance et contribue au grand changement démocratique du Maroc contemporain.